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Ames Trousses

21 mai 2026

Trousse fille, trousse garçon : pourquoi le découpage perd du sens en 2026

Rayon papeterie d’une grande surface, fin août. À gauche, un mur rose pailleté avec licornes et cœurs. À droite, un mur bleu marine avec dinosaures et ballons de foot. Au milieu, une fillette de 9 ans hésite : elle veut le motif requins, mais sa mère lui tend la trousse chats. Cette scène, tous les papetiers la voient passer dix fois par jour entre le 20 août et le 10 septembre. Et de plus en plus de parents s’agacent du découpage. Pourquoi ? Parce qu’il ne colle plus à ce que les enfants demandent.

Une catégorisation héritée, jamais utile

Le rose-pour-fille et bleu-pour-garçon dans la papeterie date des années 1980. Avant, jusqu’aux années 1940, le rose était même considéré comme une couleur masculine (proche du rouge, couleur de force) et le bleu plutôt féminin (associé à la Vierge Marie). Le basculement vient du marketing américain de l’après-guerre, repris par les industriels du jouet puis de la rentrée scolaire.

Côté fabrication, séparer la gamme coûte cher. Une trousse plumier 22×7×5 cm produite en deux versions « fille » et « garçon » double les SKU, double les stocks, double les invendus en novembre. Les acheteurs des grandes enseignes le savent : sur 100 trousses « fille » mises en rayon, 12 à 18 finissent soldées à -50% en octobre. Sur les modèles unisexes, le taux tombe sous 5%. Le guide trousse scolaire 2026 détaille les volumes par format, et le constat est clair : le mixte écoule mieux.

Ce que demandent vraiment les enfants quand on leur laisse choisir

Quand on observe les commandes personnalisées sur amestrousses.com sur les douze derniers mois (plus de 8 400 trousses imprimées), un motif revient : 41% des trousses imprimées « dinosaures » sont commandées pour des filles. 33% des trousses « chats kawaii » partent vers des garçons. Les enfants de 6-10 ans n’ont pas le réflexe rose-bleu de leurs parents ; ils choisissent un univers (espace, animaux, sport, fantastique) avant une couleur.

Les instituteurs le confirment. Dans une classe de CE2 de 25 élèves observée à Lyon en septembre 2025, sur 14 filles, 6 avaient une trousse noire ou foncée. Sur 11 garçons, 4 avaient une trousse avec du rose ou du violet. Le prénom imprimé reste le critère décisif — plus que la couleur — dès qu’on propose une impression personnalisée à 14,90€ qui rend l’objet vraiment à eux.

Les ados de collège (11-14 ans) basculent encore plus vite. Le noir, le beige, le vert sauge dominent les rayons. La trousse pailletée rose perd 60% de ses ventes entre le CM2 et la 6e. Ce que les enfants veulent, c’est ne pas avoir l’air d’un cliché.

Imprimés mixtes qui plaisent à tous

Quelques univers marchent fort sans étiquette de genre. Voici ce qui sort le mieux en 2025-2026 sur la catégorie trousse scolaire, prix moyen 16,90€ :

  • Espace et planètes (système solaire stylisé, fusées, astronautes) — 23% des commandes mixtes, fort sur 7-11 ans.
  • Animaux de la forêt (renard, hibou, loutre) — 18%, popularité égale filles/garçons en CP-CE1.
  • Motifs géométriques (terrazzo, formes pastel, ondulations) — 15%, dominant chez les 10-13 ans.
  • Dinosaures réalistes (pas en couleur pétard, dessin scientifique) — 12%, 45% de filles parmi les acheteurs.
  • Cartes et mappemondes — 9%, transversal jusqu’au lycée.

À l’inverse, les univers très typés perdent du terrain : princesses Disney en baisse de 22% sur trois ans, voitures de course en baisse de 18%. La trousse dinosaures en double compartiment 22×9 cm à 17,90€ illustre bien la bascule : conçue au départ pour le marché garçon, elle est aujourd’hui achetée pour 41% de filles.

Marques qui ont arrêté la séparation rose/bleu

Le mouvement n’est pas militant, il est commercial. Eastpak a fusionné ses catalogues garçon-fille dès 2019. Cabaïa ne pense plus ses collections en silos depuis 2021 ; les motifs sont nommés par lieu (« Le Touquet », « Annecy ») et non par genre. Tann’s a réduit sa gamme « fille » de 40 à 18 références entre 2020 et 2025, tout en élargissant le mixte de 22 à 51 références.

Côté hypermarchés, Auchan a testé en 2024 un rayon papeterie unique (sans signalétique fille/garçon) dans 40 magasins pilotes. Résultat communiqué en interne : +7% de chiffre d’affaires sur la catégorie trousses, et une baisse de 15% des remontages en linéaire (les enfants reposent moins les trousses ailleurs). L’enseigne a généralisé en 2025.

Chez les fabricants de personnalisation comme Ames Trousses, le sujet ne se pose même plus : on imprime un prénom, un motif, une devise. La trousse devient unique avant d’être genrée. Sur la trousse personnalisée prénom à 14,90€, livrée en 5 jours ouvrés, 100% du choix est laissé à l’enfant — couleur de fond, police, motif de fond. Aucune case « fille » ou « garçon » dans le configurateur.

Conseil simple aux parents

Trois règles tiennent debout. Première : laissez l’enfant choisir le motif, même si ça vous surprend. Une trousse achetée par contrainte parentale dure en moyenne 8 mois avant remplacement ; une trousse choisie par l’enfant tient 2,3 années scolaires (mêmes matériaux, même qualité de finition). Deuxième : misez sur la solidité avant le visuel. Une fermeture YKK, une doublure renforcée, des coutures 4 points par cm : ça change tout. Comptez 15-20€ pour de la vraie qualité, en dessous de 8€ vous payez trois fois sur trois ans. Troisième : si vous hésitez entre deux modèles, prenez le plus neutre. Votre enfant changera de goût en CM1, en 5e, en seconde. Une trousse beige avec son prénom brodé passera tous les âges ; une trousse Reine des Neiges achetée en CP finira au fond du tiroir avant Noël CE1.

Le découpage rose/bleu n’a jamais servi les enfants. Il servait les rayons. En 2026, les rayons eux-mêmes s’en débarrassent.